Ceci est un rempart. (La douceur)

Un micro. Une chaise. Des draps jetés un peu partout, pour réduire l’écho. Et puis, peut-être cette vulnérabilité palpable, qu’aucun arrangement n’atténuera. Aujourd’hui sort le nouvel épisode de mon podcast, enregistré dans des conditions artisanales, imparfaites et confinées avec pour thème la douceur. Mais cet appel a surgi en moi, devenant indispensable. La douceur. Une énigme, une intelligence, une autre manière d’appréhender le monde. Elle ne se commande pas, ne s’impose pas, ne s’achète pas. On peut seulement l’accueillir, l’espérer. Tendre la peau de son cœur pour la reconnaître. Ni mièvre, ni cynique, la douceur est troublante. Elle appartient à l’enfance. Elle en est la doublure secrète, là où l’imaginaire rejoint le réel. Elle se construit à deux. Dans le silence de nos regards, indifférente aux règles, au temps, aux médiocrités. La douceur est celle d’Anne Dufourmantelle et de ces mots, qui narguent les douleurs et les larmes : "La douceur allège la peau, disparaît dans la texture même des choses, de la lumière, du toucher, de l’eau. Elle règne en nous par de minuscules brisures de temps, donne de l’espace, enlève leur poids aux ombres". J’espère que cette parenthèse se faufilera dans vos peines, dans vos peurs, dans vos doutes, et les apaisera comme il a apaisé les miennes.