Ceci est la certitude que la philo peut se faufiler partout.

J’ai été invitée à réfléchir à la notion de carrière par le Ministère de la transition écologique et solidaire. Nous sommes revenus sur l’histoire du travail et sur les injonctions paradoxales qui nous forcent aujourd’hui à être heureux à tout prix alors même que les contraintes se multiplient. Pourquoi, pour quoi, pour qui travaillons nous ? De quoi la « réussite » est-elle le nom ?
Comment faire coïncider quête de sens et cadre professionnel ? Comment trouver de la cohérence dans nos expériences et être auteur de sa propre vie ? Les réponses ne peuvent se dessiner qu’au fil de notre vécu, qu’en se laissant le temps d’écouter nos résonances intérieures, qu’en ayant le luxe de s’éloigner de la nécessité du quotidien. Trouver le « sens » de son travail, ce n’est pas se soumettre à un bonheur illusoire, c’est s’ouvrir à ses ressentis, c’est mettre en récit ses succès autant que ses souffrances.

Ceci est ma plus grande source d’inspiration.

 

Comment le dire sans niaiserie ou fausse humilité ? Comment parvenir à exprimer que je trouve ça réellement prodigieux et qu’il est impossible de s’y habituer ? Chaque conférence, chaque rencontre, chaque salon, chaque commentaire est l’occasion pour moi d’ouvrir un nouvel espace de pensée, comme si on plaçait mon esprit dans des territoires inconnus, et qu’il devait sans cesse réapprendre une langue. Me confronter, m’ajuster, revenir en arrière, m’enflammer, mettre en perspective, me tromper, m’avouer sans réponse ou changer de direction...etc. Qu’importe le mouvement, ce qui demeure, c’est que je me sens toujours soumise à l’inédit, nourrie par la rencontre avec l’Autre. Mon nom s’affiche en un peu trop gros sur la scène, mais la pratique philosophique est indéniablement collective. Elle est la démonstration de ce trésor qu’est l’altérité. C’est parce que l’Autre n’a rien à voir avec nous, qu’il est passionnant, et au fond, qu’il donne un sens à notre propre vie. Comme l’exprime Levinas : « Je est un Autre », c’est-à-dire que si nous étions seul, nous gagnerions certes en tranquillité, mais nous n’aurions pas l’opportunité d’évoluer, de réfléchir, de nous dépasser. Un grand merci à @stephoffmann de m’avoir accueilli hier et de m’avoir questionné avec tant d’élégance, et merci aux habitants de la Baule qui, à travers leurs remarques, m’ont permis de me sentir en ébullition. Je est un Nous.

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